Double Face
Double Face : Dora Formica, une fourmi travailleuse
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La Lausannoise Dora Formica était l'invité de Valérie Ogier et de Double Face. Présente à BDFIL à Lausanne, l'illustratrice vient de sortir sa première BD "Certifié humain" aux Editions Helvetiq.
Illustratrice et dessinatrice, Dora Formica a reçu une carte blanche lors du dernier festival BDFIL. À 38 ans, elle y a fait ses débuts dans le monde de la bande dessinée avec une première œuvre audacieuse, intitulée "Certifié humain". Un projet qui aborde la thématique de l'intelligence artificielle.
Dora Formica a choisi de se lancer dans cette aventure après avoir consacré de nombreuses années à sa vie de maman, élevant deux filles, âgée actuellement de 10 et 12 ans. Une expérience de vie qui l'a amenée à vouloir distinguer sa vie personnelle de sa vie professionnelle, à commencer par adopter un nom d'artiste, inspiré du latin, "Formica", qui évoque la fourmi travailleuse et l'intelligence collective, tout en faisant un clin d'œil à sa passion pour le mobilier vintage.
Depuis son enfance, le dessin a toujours été une passion dévorante pour la Lausannoise. Elle décrit le dessin comme un langage parmi d'autres, un moyen d'expression qui a pris forme dans ses cahiers d'école et qui continue de s'épanouir aujourd'hui dans ses blocs-notes, aidé d'un sens aigu de l'observation qui s'est affiné au fil du temps. Une passion qui s'est professionnalisée, en 2013, avec la publication d'un livre illustré, "Curry, kiwis et caïpirinha", qui raconte un voyage autour du monde réalisé en 2011 aux côtés de son ami Matthias.
Avec "Certifié humain", Dora Formica s'inscrit dans une démarche artistique qui interroge notre rapport à la technologie et à la création. Elle nous rappelle que chaque œuvre est le fruit d'une histoire humaine, une réflexion qui résonne particulièrement dans notre époque actuelle, où l'IA prend une place de plus en plus prépondérante dans le processus créatif.
Avant de faire paraître sa première bande dessinée, Dora Formica nous explique avoir mené une double vie durant près de 10 ans entre 2013 et 2022. A la fois enseignante en primaire et illustratrice indépendante. Une seconde activité professionnelle rendue possible après avoir assisté à une conférence intitulée "Comment être éditer ?" à BDFIL, où elle a présenté son livre illustré "Curry, kiwis et caïpirinha". Un événement clé qui a permis la concrétisation de l'ouvrage, de se faire connaître, d'accepter différents mandats ensuite et de tendre à une carrière professionnelle.
Un parcours qui s'est accélérée lorsque notre invitée reçoit, il y a quelques mois, une invitation de BDFIL en vue d' une carte blanche pour une exposition. Une visibilité inédite qui lui est offerte à condition de présenter en exclusivité sa première bande dessinée "Certifié humain" durant le festival. Un projet qu'il a fallu achevé à toute berzingue pour les 20 ans de l'événement.
Fille de Marc Taraskoff, peintre et illustrateur, Dora Formica nous confiera également durant ce Double Face avoir été naturellement impacté par le travail de son père. Bien que disparu en 2015, elle se remémore les instants passés ensemble autour de ses créations. Un papa fier également des réalisations de sa fille pour qui il était difficile, à l'époque, de la suivre en Suisse, car travailler à distance n'était pas envisageable sans les technologies modernes que nous connaissons aujourd'hui. Quitter le microcosme parisien, où tout se passait, était un défi inconcevable pour l'artiste qu'il était.
Dans l'émission Double Face, Dora Formica se retrouve au micro de Valérie Ogier pour parler de sa première bande dessinée, "Certifié humain", qui aborde la thématique de l'intelligence artificielle. Cette idée a germé lors d'une rencontre avec un auteur lors d'un festival jeunesse, où elle a été interpellée en découvrant que son éditeur envisageait de réaliser la couverture de son livre avec l'aide de l'IA. Cette question l'a profondément touchée, notamment en raison de son père, illustrateur, et de son propre parcours dans le domaine. Intriguée, elle a décidé d'interroger ses pairs sur le sujet. La plupart d'entre eux privilégient la création humaine, à l'exception de Martin Panchaud, un dessinateur suisse qui utilise la souris de son ordinateur pour son art. Dans sa bande dessinée, Dora Formica a souhaité intégrer les témoignages recueillis sur l'IA. Ils sont accessibles via un QR Code, permettant aux lecteurs d'écouter des liens audios afin d'enrichir l'expérience de lecture et réfléchir sur l'impact de l'intelligence artificielle dans le monde de la création.
Pour Dora Formica, le monde rêvé est un univers où la valeur du dessin est pleinement reconnue. Elle aspire à un environnement où les dessinateurs sont non seulement valorisés, mais également mieux rémunérés pour leur travail. Le dessin, considéré comme 9ème art, a récemment gagné en reconnaissance, notamment grâce au soutien de la fondation Pro Helvetia, qui contribue à sa légitimation en tant qu'art à part entière.
Dora Formica souligne que le métier de dessinateur nécessite une certaine forme physique, un aspect que l'on peut observer dans le film "Derib, une vie dessinée", actuellement au cinéma. Malgré ses tentatives d'explorer les nouvelles technologies, comme le dessin sur tablette, Dora Formica reste profondément attachée à ses crayons. Pour elle, ces outils traditionnels sont émotionnels et essentiels pour donner vie à ses créations.
Le Double Face consacré à Dora Formica se conclut par notre séquence du "Tac-au-tac" avec différentes questions posées par Valérie Ogier. Notre invitée nous dévoile notamment aimer dessiner en musique et possède des goûts très éclectiques. Cela va des musiques du monde en passant par Shakira, Rosalia, ou du jazz comme Ibrahim Maalouf sans compter qu'elle apprécie écouter aussi des podcasts. Elle nous confie également avoir confiance en la vie et n'avoir pour l'heure aucun projets officiels après la tournée promotionnelle de sa première bande dessinée "Certifié humain", toujours disponible aux Editions Helvetiq.
Double Face
Voir les visages d’une autre manière
Dessinateur de presse depuis plus de 40 ans , Valott nous parle de son amour pour la caricature: un art parfois controversé.
Dessinateur suisse, caricaturiste, et designer, Valott ne manque pas une occasion d’allonger son CV. Né en 1967 au Brésil, il passe le plus clair de son temps dans la seule librairie française de São Paulo. Arrivé en Suisse, le jeune dessinateur aiguise encore plus sa curiosité.
S’il n’aime pas l'école, une chose est sûre, il aime travailler l'image: en photo, en dessin, tout y passe. Lui qui a tout appris en copiant des œuvres sur des chutes de papier, publie son premier livre “Swiss Monster” à 18 ans. Ce recueil de caricatures dépeignant la société suisse devient best-seller en 1985.
“Pour moi, la caricature ce n’est pas déformer c’est rendre plus fort et plus réel l’impression que donne une personne.“
La liberté d’expression est un droit précieux et le dessinateur le sait. En revanche, Valott redoute les banalités, il veut faire réagir, voire choquer.
Discipline et autocritique sont des éléments essentiels de son parcours d'indépendant long de plus de 40 ans: Valott cherche toujours à tester de nouvelles choses auxquelles il croit, c’est le secret de sa longévité.
Retrouvez l’interview de Valott en podcast, ci-dessous:
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Bruno Peki: Étoile montante du stand up Suisse Romand
10 ans après ses débuts, Bruno Peki poursuit sa route au point virgule à Paris le 21 mars prochain avec son spectacle “ Nonante neuf”.
Le rire est un art permettant de casser les barrières hiérarchiques, l’humoriste l’a compris très jeune. À 16 ans, il décide donc de commencer des cours de théâtre et tombe amoureux de ce nouveau monde. Réalisateur, acteur, ou humoriste: il ne sait pas encore quel métier choisir mais une chose est sûre, il sera sur scène!
Bruno Peki remplit sa première salle alors qu’il n’est encore qu’au gymnase. En effet, dans le cadre de son travail de maturité, le Genevois propose à ses camarades 1h30 de Stand-up: un concept qui plaît au professeur et lui vaut la note de 6.
“J’aime tout, de l'écriture à la scène mais la cerise sur le gâteau, c’est quand le texte est validé par le public.”
Après quelques années passées dans des petits comedy club, il a l'opportunité de faire la première partie des plus grands humoristes: Thomas Wiesel, Paul Mirabel ou encore Gad Elmaleh. Et sa carrière s’accélère encore quand il devient chroniqueur pour France Inter. Toujours entre Genève et Paris, l’humoriste aime multiplier les défis.
Au fil du temps, Bruno Peki a appris à apprécier l’écriture et les moments de réflexion qu’elle implique. Et s’il propose des spectacles finement travaillés, il ne dit jamais non à une dose de spontanéité sur scène!
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Sous la plume de Léna Furlan
C’est ce qu’on appelle un début réussi pour l’écrivaine vaudoise. Un récit, une nomination en 2025 au Prix du livre de la Ville de Lausanne: tout cela a 25 ans.
Léna Furlan fait ses débuts dans le monde de la littérature alors qu’elle ne sait pas encore écrire. En effet, elle commence par raconter des récits à sa mère, qui les retranscrit à sa place. Née à Lausanne en 2000, la jeune écrivaine étudie à l'Institut littéraire suisse de Bienne, où elle obtient en 2022 son Bachelor.
C’est à la fin de sa première année qu’elle entame la rédaction de son premier roman: “Le Printemps peut-être”. Un roman avec lequel son éditrice l'inscrit par surprise au Prix du livre de la Ville de Lausanne. Léna Furlan devient alors finaliste de la 12e édition du concours, placée sous le parrainage du réalisateur lausannois Lionel Baier.
Si son style n’est pas encore tout à fait défini, l’écrivaine a en revanche à cœur les thèmes des liens sociaux, du consentement et des ambiances. Si certains sujets évoqués dans son roman trouvent leurs racines dans son histoire personnelle, Léna Furlan affirme qu’une grande partie n’est que fiction.
«J’avais envie de pouvoir retrouver une voix sur certaines choses qui m‘étaient arrivées.»
L’histoire du livre “Le Printemps peut-être” publié par la maison d’édition Slatkine, raconte la reconstruction d’une jeune femme marquée par une épreuve de la vie.
Ada, la narratrice, travaille dans une boutique de sacs, un job qu’elle décroche après un Bachelor qui ne lui plaisait pas, en attendant de se réorienter dans d’autres études. Cette pause lui offre l’occasion de se concentrer sur ses projets personnels. On comprend vite que son monde tourne autour de sa sœur Anna, de qui elle est très proche. Sans cesse ramenée dans le passé, Ada ressent le besoin de poser des mots sur un traumatisme vécu.
La variété des thèmes abordés permet à chacun de s'identifier au texte. Ce roman, également très descriptif, permet au lecteur de plonger dans un univers à part entière.
Retrouvez l’interview de Vincent Munier en podcast, ci-dessous:
Double Face
Vincent Munier, le photographe qui regarde les bêtes différemment
Vincent Munier est de retour là où tout a commencé, pour nous parler de son nouveau documentaire “Le chant des forêts", récompensé deux fois au Césars.
Après plus de 600 000 entrées pour son documentaire “La panthère des neiges” réalisé avec Marie Amiguet et récompensé par le César du meilleur documentaire en 2022, Vincent Munier nous emmène chez lui, là où tout a commencé: “Le chant des forêts” est sorti en décembre dernier.
C’est en effet au cœur des forêts des Vosges, tapi sous sa toile de camouflage que Vincent Munier a capturé l'image de son premier animal sauvage: un chevreuil. Le réalisateur avait alors 12 ans.
La photographie est un art qui se transmet de génération en génération dans la famille Munier. Élevé par un père naturaliste et amoureux de la nature, Vincent Munier partage peu à peu cette passion avec son fils, Simon.
“On ne nous donne plus le temps de savourer la beauté”
“Le chant des forêts” ne lui vaut pas un mais deux prix aux Césars 2026. Sacré Meilleur film documentaire mais également Meilleur son, Vincent Munier réalise un doublé au côté de son fils et de son père.
En franchissant la barre symbolique du million de spectateurs, “Le chant des forêts” affiche une fréquentation inédite. Il pourrait bien devenir le documentaire le plus vu des 10 dernières années en France.
À travers ce projet, nécessitant 8 ans de travail et de compilation de souvenirs, Vincent Munier met en lumière le monde qui se cache au plus profond de sa forêt natale.
La nature propose un spectacle unique, impossible à capturer dans son ensemble. Néanmoins, Vincent Munier a ressenti les ambiances, les odeurs et les bruits. Il a ainsi relevé le défi de transmettre ces émotions aux spectateurs sur grand écran.
Retrouvez l’interview de Vincent Munier en podcast, ci-dessous:
Paru le 19 février 2026 mis a jour le 02 mars 2026.
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